J’aime regarder la colombe aux coins des prés,
Elle va et puis revient comme Gitane calée en bouche.
Avide peut-être, goulue sans doute, fumée révélée, tantôt vérité qui tue
Transfigurée par l’instant, par quelques cartes, quelques figures retournées.
De toi, Gitane, je redoute tant, dans tes yeux ivoire tu nous pénètres,
Couteau silex, oscillante et pleine d’insolence.
C’est un peuple qui parle en toi dis-tu, tu énonces quand nous regardons,
Tu avances quand nous amassons, tu dénudes les plus simples mensonges.
De quel tissu es-tu donc née, dans quelle volute t’es-tu enrobée ?
Tu glisses quelques plaisirs charnels dans des mots qui glissent sur des côtes,
Si moites et si frêles, délicieuses fièvres, nuits belles d’envie.
J’aime te regarder, même quant tu contes à d’autres,
J’aimerais être en écoute sans bé mol ni fard ni feux aux paupières;
J’aimerais juste laisser les cieux décider quels blés faucher, en quelle amie se deviner.
Tu es si sûre, si farouche, les sentes pour toi n’ont pas de refrains,
Aucun relent de mystère.
Alain, 3 et 4 septembre 2011
le morceau de Coutin, pure merveille n'est proposé que par pure nostalgie. le lien avec le texte est très ténu :)