
LE RENARD ET LE KOALA
S’agitant sur son piédestal de verdure, un renard à l’appendice en panache, épatait l’assistance de supercheries passées lui ayant permit d’être de séant, le fieffé capitaine. Toisant ses foules de haut, il y allait de ses actions d’éclat : tantôt il avait mangé 10 poules du fermier alors qu’une seule eut suffit, tantôt il avait déjoué le piège tendu en passant par le côté et avait réussi à soutirer un lapin, pièce de choix, dans le cheptel de l’éleveur fort démuni par après, ou encore avait-il emprunté une cache dans un véhicule de passage pour aller visiter une forêt lointaine sans qu’il ne lui en coute le moindre poil de son échine.
En palabre théâtral, s’affinait toujours plus son discours, aveuglant ses vassaux d’aventures héroïques le portant au devant de la scène.
Perché haut sur son arbre, un laborieux koala, visait le fort en gueule d’une oreille distante tant, tout le jour durant, il s’adonnait à la cueillette qui lui permettrait de manger au long de l’hiver. Toujours au travail, chaque jour il entendait péripéties et mettait plus de rage au labeur de savoir le discours vain et l’esbroufe inutile.
« Ne perdez pas votre temps précieux, lançait-il aux badauds endoctrinés, vous mourrez de faim quand les frimas viendront et votre ami goupil n’aura de courage que dans les aventures servant son égo. »
Ce qui, bien sûr, ne manqua pas d’arriver ! L’hiver fut bientôt là et les animaux dépourvus de provisions, se virent dans l’obligation de quémander quelques miettes. A l’évidence, ils coururent voir le roux quadrupède qui leur répondit que ce qu’il avait amassé, était sa possession et que ceux qui n’avaient sa ruse n’avaient qu’à trépasser de honte sinon de faim.
Notre débonnaire ouvrier, outré de tel égoïsme, enjoint ses semblables à partager ses mets, sauvant ainsi la mise aux tristes abusés.
Ceux-ci, enfin restaurés, purent affronter les rudesses et, lorsque le printemps revint, le rusé remonta sur sa prétentieuse butte pour haranguer à nouveau ses dévots mais, échaudés, ils tournèrent talons et s’en vinrent au labeur laissant seul avec son panache, le désuet fanfaron.
Moralité :
A l’éphémère des vilénies de la ruse, prévaut la sagace longévité du labeur.
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Bien tardivement, je poste ma fable parce que je tenais à participer à ton premier challenge Seth. L'exercice m'était inconnu et l'approche délicate.
J'espère qu'elle vous plaira.
Si un des deux sphinx veut bien la reclasser dans un moment... merci.
Bises à tous et toutes