Toute une vie d'édits cassés?
Tu venais me sauver d'une vie de froidure.
Un printemps renaissait des frimas de l'hier.
Dans cet enchantement, j'en oubliais l'hiver.
Mon vœu n'aspirait plus qu'en l'horizon futur.
Pour ma raison, mon cœur, tu étais mon repère,
Et mon âme conquise y voyait, éperdue,
La promesse espérée d'un bonheur enfin dû,
Le suprême trophée d'une existence austère.
Amoureux, timorés, bouleversés d'émoi,
Chantant et s'écoulant ainsi qu'une rivière
Au limpide débit lumineusement clair,
Ainsi libres, mes mots voltigeaient jusqu'à toi.
Quand un souffle a troublé la surface de l'eau!
Félicité spoliée d'un drame résultant
De ton inconcevable et prompt éloignement
Qui dérouta l'espoir, ainsi que mon repos!
N'entends-tu ruisseler l'écho d'une souffrance,
Toi, qui m'es devenue, dès lors, inaccessible?
J'attends tout, aujourd'hui, d'un miracle indicible
Pour ce ravissement d'une rare romance.
Inspiration subtile d'un Unique Amour,
O, Promesse d'extase, entrevue autrefois,
Qui su ravir mon cœur, et mon âme, et ma Foi,
Dis-moi qu'arrive enfin l'heure de ton retour…!
L.