• Et le petit d'homme des bras de sa mère

    A été arraché par un vent contraire

    Par un vent de folie, folie humaine

    Folie meurtrière, folie inhumaine.

     

    Et le petit d'homme venu voir les étoiles

    Scintillantes dans le soir festif

    N'a vu que la faucheuse et son voile.

    Acte barbare sans autre adjectif.

     

    Et le petit d'homme serrait fort sa mère

    Hurlant de terreur devant le camion sans frein

    Le petit d'homme s'en est allé de la Terre

    A l'aube de sa vie, en a connu la fin.

     

    Et le petit d'homme venant de France

    A retrouvé une autre âme d'Ange

    Un autre petit d'homme soufflé par une bombe

    En un pays lointain auquel nul ne songe.

     

    Cet autre petit d'homme est parti en représailles

    Des vies prises ici par des fous sanglants

    Innocente victime lui aussi d'une folle bataille

    Où les victimes ne sont jamais les tyrans.


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  •  

    A double clés m'auriez-vous fermé votre porte

    Définitivement ou bien puis-je espérer

    De n'être pas encore à vos yeux déjà morte,

    Ou telles vos larmes, à jamais oubliée?

     

    Je ne sais pas si c'est ce silence radio,

    Jeté vulgairement ainsi qu'un détritus,

    Ou cette simili tolérance zéro

    Au monstre que je suis, qui me blesse le plus.

     

    Je n'ai sans doute pas suffisamment souffert,

    Et j'ignorais que pour gagner son paradis

    Le passage obligé est de vivre un enfer.

    Comment l'Amour peut-il être à ce point maudit?

     

    C'est fou comment nos peurs trop souvent nous abusent.

    Moi, j'attendais de vous une belle Amitié,

    Et d'endosser pour moi ce beau rôle de Muse,

    Vous qui êtes mon double et non pas ma moitié.

     

    Si vous les aimez, n'attendez pas que mes rimes

    Défleurissent ni que mes mots ne s'asphyxient,

    Que nos existences ne tombent dans l'abîme,

    Un rien de vous saurait nous redonner la vie.

     

    Je vous en prie ne me fermez pas votre porte

    Et ranimez en moi cet espoir d'espérer

    De n'être pas encore à vos yeux déjà morte.

    Dites-moi que vous ne m'avez pas oubliée...

     

    L.

     


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  •  

    Des perfusions à profusions,

    Soigneusement aseptisées,

    A l'injonction des injections,

    Nous aurions, parfois, préférer

    La prescription des prescriptions;

    Mais là, il ne faut pas rêver!

     

    Toute réclamation est vaine,

    Pour peu soit-elle autorisée…

    Et pas de veine pour nos veines,

    Pour nos veines vampirisées,

    Sinon de gagner, quelle aubaine,

    Un bel hématome irisé!

     

    Les prises de sang à la chaine?

    C'est aussi notre quotidien!

    Et n'ayez crainte pour vos gènes,

    Nous maitrisons cet art du soin

    Dans une vraie approche humaine...

    Vous pouvez desserrer le poing!

     

    Ah! votre perf s'est fait la belle?

    Non! Ce n'est rien! Pas de panique!

    Ce n'est qu'un fait accidentel,

    Ignoré de nos statistiques!

    Désolée! L'aiguille est rebelle!

    Pas de soucis, on vous repique!

     

    Nos plaintes seraient superflues,

    Puisqu'enfin, nul ne nous écoute…

    Que déjà nos vies suspendues,

    A la potence, pas de doute,

    Subissent leurs drogues qui tuent,

    Inoculées… au goutte-à-goutte!

     

    L.


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  • Souffle souffle à mon oreille

    Tous tes secrets bien cachés.

    Aie confiance livre-moi

    Ma livre de ragots sur un plat.

     

    Je t'assure tous tes murmures

    Resteront entre toi et moi.

    Je te jure que ce que tu susurres

    Le bord de mes lèvres ne passera pas.

     

    Tous tes joyaux bien gardés

    Avec moi sont en sécurité.

    Juste attendre une oreille bien dressée

    Pour que je puisse tout recracher.

     

    Malgré moi, bien malgré moi

    Je te jure, je ne voulais pas...

    Mais quand je sais je partage

    Mon amitié est une voie de garage.

     

    Si tu veux partager tes secrets

    Prends bien garde avec qui tu le fais.

     

     

     

     


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  •  

    Je ne fais pas partie de ces plantes sauvages,

    Qui à peine arrachée repousse avec outrage,

    Et si vous l'ignorez, sans lumière et sans eau,

    Je ne donnerai pas aussi cher de ma peau.

     

    Si vous me piétiniez, je resterai à terre.

    Cette fébrilité, j'eus mieux fait de la taire.

    Pourtant je ne suis pas la fleur assez fragile

    Dont l'agonie serait éphémère et facile.

     

    Pour ressasser cela, j'aurai le temps qu'il faut:

    Que l'engrais favori manquait à mon terreau.

    Mon rêve aurait été de peupler le jardin

    Où vos pas nonchalants vous conduiront demain.

     

    Pour vous j'aurai eu joie de refleurir encore,

    Ne serait-ce un instant, d'enjouer votre décor.

    Mais je vous remercie d'avoir eu la main verte,

    D'être celle pour qui je me serais ouverte.

     

    Ne faisant pas partie de ces plantes vivaces,

    Qui à peine arrachée repousse avec audace,

    Je ne renaitrai pas aisément de mes cendres,

    Ni au prochain printemps, puissiez-vous le comprendre.

     

    L.


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